émigrés en France dans les années 1930, ils ont été les principaux acteurs de la résistance urbaine menée à Paris contre l’occupation allemande

Des terroristes à la retraite

Documentaire de Mosco Levi Boucault (France, 1985/2014, 1h12mn)

Juifs et communistes, émigrés en France dans les années 1930, ils ont été les principaux acteurs de la résistance urbaine menée à Paris contre l’occupation allemande. En 1985, pour son premier long métrage documentaire, Mosco Levi Boucault recueillait le bouleversant témoignage de ces ex-« terroristes » oubliés par la France.

Ils étaient juifs, communistes et étrangers. Venus de Pologne, de Roumanie, de Hongrie et d’Arménie, ils ont immigré en France dans les années 1930 pour échapper aux persécutions raciales et politiques. Pour la plupart, ils étaient tailleurs ou fourreurs. Le pacte de non-agression entre Staline et Hitler, en août 1939, les déboussole. Ils s’engagent mais trouvent une armée française en déroute. La promulgation du statut des juifs par Vichy les oblige à se faire enregistrer au commissariat.

Lorsque l’Allemagne envahit l’URSS, en août 1941, le Parti communiste français (PCF) lance une guérilla urbaine contre l’occupant, à Paris. Mais les militants français n’ont pas la culture de la clandestinité. Le parti s’adresse alors aux militants de la Main-d’Œuvre immigrée (MOI) : le travail souterrain leur est familier et ces proscrits, très jeunes pour la plupart, n’ont rien à perdre…

L’affiche rouge
Organisés en triangles cloisonnés, les Francs-tireurs et partisans – Main-d’œuvre immigrée (FTP-MOI) fabriquent des bombes, d’abord artisanales, puis de plus en plus élaborées. Leurs actions se multiplient et sont efficaces : à Paris, entre mars 1942 et novembre 1943, 92 hôtels allemands sont attaqués à la bombe ; 33 à la grenade ; 15 bureaux de recrutement sont incendiés ; 125 camions militaires, détruits ; 11 traîtres, abattus… En août 1943, les FTP-MOI organisent un attentat contre von Schaumburg, général commandant de Paris. En septembre, ils exécutent le responsable du Service du travail obligatoire (STO) en France, Julius Ritter. Mais, en octobre, un de leurs chefs est arrêté. Missak Manouchian cherche alors en vain à obtenir de la direction du mouvement l’autorisation de quitter provisoirement Paris. En novembre, la plupart des militants sont arrêtés et exécutés. Leurs visages figureront sur la célèbre “affiche rouge” placardée
sur les murs de Paris…
Lors de sa première diffusion, le témoignage précieux et bouleversant de ces héros modestes que la France avait alors relégués dans l’oubli a généré un considérable retentissement, d’abord parce qu’il mettait en avant la responsabilité des instances dirigeantes des FTP et du PCF, ensuite à cause de l’extrême humanité des protagonistes, filmés en situation, sur les lieux de leurs actions, rejouées pour la caméra, ou dans les ateliers de confection où ils ont continué de travailler. Une indifférence, puis une ingratitude que veut réparer l’entrée au Panthéon des cendres de Missak Manouchian et de son épouse, Mélinée, ce 21 février 2024, quatre-vingts ans jour pour jour après l’exécution du résistant au Mont-Valérien avec vingt et un de ses compagnons – arrêtée avec eux, la Hongroise Olga Bancic, elle, fut décapitée en Allemagne.

https://youtu.be/tLt6j_vEf8s?si=UkKJAV10hG5RaQ3Q

https://drive.google.com/file/d/1HI4HGvo7HkexCp5jN0XeJ79pj-BSGr1Y/view?usp=drive_link

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