Témoignage de personnes victimes du dispositif de la réforme du RSA

🔴🇫🇷Témoignage de personnes victimes du dispositif de la réforme du RSA qui prévoit 15h hebdomadaires de bénévolat.

Bénéficiaires du RSA : Alain, père de famille atteint d’un cancer, Sarah, mère célibataire, et George, trentenaire militant, décrivent leur quotidien. Une réalité sociale brutale où le budget ne permet que de survivre.

En Alsace, un dispositif de bénévolat des personnes au RSA existe depuis 2016 mais il est peu appliqué parce que les conditions de vie des allocataires ne le permettent souvent pas.

Sarah, mère célibataire au RSA : « 15 heures de bénévolat, c’est impossible »

«Les politiques devraient tester notre vie[…] Ça se voit qu’ils n’ont aucune idée de ce qu’il se passe, nous on se bat pour survivre.» Sarah mère célibataire au RSA, excédée par la volonté d’ajouter des contraintes aux personnes qui touchent les minima sociaux.

« On nous prend pour des fainéants qui sont contents d’avoir 500 euros par mois.
Avec Ezra, son fils de 3 ans et demi, Sarah habite dans un petit appartement du quartier Laiterie. À 14 ans elle a commencé son CAP vente et a travaillé jusqu’à ses 21 ans pour Promod, en intérim avec l’agence Manpower et à la boulangerie Woerlé. En 2020, l’année du confinement contre le Covid, elle a perdu son emploi et rompu avec son copain. Sarah s’est retrouvée seule avec Ezra.

« Aucun employeur ne veut de moi, j’ai trop de contraintes horaires avec mon enfant. Quand le RSA, les APL et la pension alimentaire ne suffisent pas, je fais des ménages au noir pour payer les courses et les charges »

Alain, 61 ans, un cancer, un diabète et 715 euros pour vivre. « Le RSA ne me permet pas de vivre ».
489 euros de revenu de solidarité active (RSA) et 226 euros d’aide au logement (APL)« Maintenant je ne fais plus rien. Je dois décliner tout ce qu’on me propose. Ah si ! Parfois ma fille ainée me paye le McDo. »

Les 715 euros d’allocations qu’il reçoit tous les mois ne comblent pas les frais d’Alain : 580 euros de loyer pour son deux-pièces du parc privé, 80 euros de gaz et d’électricité « en moyenne », 60 euros pour la box internet, l’abonnement téléphonique et la télévision, ainsi que 100 euros de courses en Allemagne.

Alain a « commencé à travailler à l’âge de 13 ans » comme forain, avant de faire de la menuiserie. Puis, la majeure partie de sa vie, il a été cariste en intérim. « J’étais comme tout le monde, je n’aurais jamais imaginé me retrouver dans une telle situation. »

À 50 ans, subitement, il enchaine les coliques néphrétiques, avec des calculs dans les reins qui causent une douleur intense dans le dos et le ventre. Les médecins lui annoncent qu’il ne doit plus porter de charges de plus de 10 kilogrammes. « Plus aucun employeur ne voulait de moi.Dans les années qui suivent, son état de santé se dégrade. En mai 2022, il fait une biopsie et une prise de sang. On lui diagnostique un diabète de type 2 et un cancer : « pancréas et intestin grêle ».

Pour respirer, le sexagénaire a demandé l’allocation adulte handicapé de 971 euros après une opération de son système digestif en juin 2022. Mais cette dernière lui a été refusée quelques mois plus tard : « Ils ont considéré que je n’étais handicapé qu’à 35%, ce qui ne suffit pas. Il faut atteindre 80% de handicap pour y prétendre ».

Dans le cadre du projet de loi « plein emploi », l’Assemblée nationale a voté jeudi 28 septembre une mesure qui conditionne l’obtention du RSA à une quinzaine d’heures de bénévolat. Le gouvernement s’est allié aux députés du parti Les Républicains pour faire passer. Le vote final de la loi « plein-emploi » est prévu le 10 octobre.

Georges, 34 ans, touche les minima sociaux depuis 2021. Avec 750 € de RSA et d’APL pour 400 € de loyer charges comprises, il lui reste 350 € pour vivre. À Noël et son anniversaire, il demande à sa famille de lui offrir un abonnement annuel pour un panier de légumes hebdomadaire. Il essaie de se débrouiller comme il peut grâce à ses réseaux.
«Je me déplace à vélo et je ne paye quasiment rien pour le réparer parce que je suis inscrit à un atelier d’auto-réparation.

Via:
Lien 1 https://www.rue89strasbourg.com/anatomie-rsa-alain-61-ans-cancer-diabete-715-euros-278924
Lien 2 https://www.rue89strasbourg.com/sarah-mere-celibataire-rsa-15h-benevolat-impossible-sinon-travaillerais-280421

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